Article, Membres & partenaires, Santé des Océans

|

Malizia Explorer, le nouveau voilier de recherche scientifique baptisé au Yacht Club de Monaco.

Vendredi 6 juin 2025

Le Malizia Explorer, le nouveau voilier de recherche de la Team Malizia, fondée par le vice-président du Yacht Club de Monaco Pierre Casiraghi et Boris Herrmann, a été officiellement baptisé par l’emblématique océanographe et exploratrice Sylvia Earle lors d’une cérémonie au Yacht Club en présence du président du YCM, S.A.S. le Prince Albert II de Monaco.

Après une bénédiction du Père Christian Venard, ce moment symbolique a été scellé par la traditionnelle bouteille de champagne. L’arrivée de ce navire de recherche au sein de la Team Malizia, dont le port d’attache est Monaco, est essentielle pour porter l’engagement continu de l’équipe dans sa mission « A Race We Must Win – Climate Action Now », débutée avec l’IMOCA Malizia-Seaexplorer. « Ce navire est une superbe plateforme logistique à la disposition des scientifiques. L’initiative s’inscrit pleinement dans l’esprit de la Team Malizia qui repose sur deux piliers essentiels : la compétition et la protection de l’environnement », a déclaré Pierre Casiraghi.

À cette occasion, le Souverain a également remis au voilier, soutenu par la Fondation Prince Albert II de Monaco, le certificat environnemental 4 étoiles SEA Index® du YCM.

Father Christian Venard HSH Prince Albert II of Monaco , Pierre Casiraghi and Boris Herrmann

 Un baptême symbolique par une légende de l’exploration marine

Aux côtés de S.A.S. le Prince Albert II, de Pierre Casiraghi et de Boris Herrmann, quelque 80 invités étaient présents, dont l’ambassadeur Peter Thomson, envoyé spécial du Secrétaire général des Nations Unies pour l’Océan, Bernard d’Alessandri, secrétaire général du YCM, ainsi que des étudiants de la Principauté et de jeunes régatiers du YCM. Ce baptême constitue un geste symbolique fort, reflétant le lien historique entre la Principauté, la science, l’éducation et la conservation des océans.

« Les pôles sont des régions extrêmement sensibles et très vulnérables. Pour bien les comprendre, nous avons besoin d’une science plus pointue mais aussi de plus de recherche. C’est tout l’enjeu de Malizia Explorer. Ce voilier va nous permettre d’atteindre des zones polaires isolées et d’y mener des études essentielles », a déclaré le Souverain.

À quelques jours de la Journée mondiale de l’Océan et alors que la Conférence des Nations Unies sur l’Océan (UNOC) se profile à Nice, ce lancement inscrit fermement le navire de recherche à l’ordre du jour international. La marraine du bateau est l’océanographe et exploratrice Sylvia Earle. À 89 ans, l’auteure et conférencière américaine est une figure mondiale et emblématique de la protection des océans. « Ce voilier symbolise un nouvel espoir. Il combine la sagesse ancestrale de la voile avec les outils modernes de la science pour explorer et comprendre ce que nous ignorons encore. C’est peut-être notre dernière chance d’inverser la trajectoire de déclin et de remettre notre planète bleue sur le chemin de la régénération », a affirmé Sylvia Earle.

Une certification environnementale pour soutenir sa mission

Malizia Explorer a également reçu la certification 4 étoiles du SEA Index®, référence internationale pour l’évaluation des émissions de CO2 des yachts de plus de 24 mètres. Lancé par le YCM en 2020 et développé avec Lloyd’s Register, le SEA Index® repose sur un processus rigoureux, transparent et indépendant. Il continue de se développer, notamment avec le Lifecycle Emissions Calculator, une méthode d’analyse des émissions de CO2 basée sur le type de carburant utilisé, conçue avec le RINA.

En obtenant cette certification, Malizia Explorer rejoint une flotte de plus de 80 navires certifiés SEA Index®. Environ 20 ports et marinas en Méditerranée, et plus loin aux Seychelles, ont déjà intégré l’indice dans leurs procédures de gestion.

HSH Prince Albert II of Monaco , Pierre Casiraghi and Boris Herrmann

Au service de la protection des océans

Lancé en avril 2025 à Lorient, le Malizia Explorer est un voilier en aluminium de 26 mètres conçu pour naviguer aussi bien dans les régions polaires que tropicales. Il peut accueillir quatre membres d’équipage et jusqu’à huit scientifiques. À son bord, un « Ocean Pack » collecte en continu des données sur le CO2, la température et la salinité. Il est également équipé d’une rosette CTD (Conductivité Température Profondeur) pour les prélèvements en eaux profondes, ainsi que d’une suite d’instruments scientifiques en cours d’installation. L’objectif est de fournir à la communauté scientifique internationale des données recueillies dans des régions peu fréquentées. Il naviguera à travers le globe au cours des cinq prochaines années en partenariat avec Reederei F. Laeisz, l’AWI, GEOMAR, Hereon, OceanOPS et l’Institut Polaire Suisse.

« Le baptême de ce bateau à Monaco marque une étape importante pour unir marins, scientifiques et créatifs afin de donner une voix à l’Océan. Notre mission a toujours été de sensibiliser à l’urgence climatique et à la nécessité de protéger les océans. Ce navire de recherche est une évolution naturelle de cet engagement : il nous permet d’étendre notre impact, d’explorer de nouvelles régions, de travailler étroitement avec la communauté scientifique et de transmettre notre message sur la santé des océans au plus grand nombre. Parallèlement, cela nous donne l’opportunité de collecter des données précieuses pour mieux comprendre les défis auxquels nous sommes confrontés », a expliqué Boris Herrmann.

Une mission scientifique proactive

Après son baptême, le Malizia Explorer participe à la parade de la Conférence des Nations Unies sur l’Océan (UNOC) le 8 juin ainsi qu’à la conférence elle-même. Un programme chargé suivra avec des expéditions prévues en Méditerranée — incluant un projet de recherche sur les baleines — avant de mettre le cap vers l’Antarctique puis l’Arctique.

À la croisée de la course au large, de la recherche et de l’éducation, la Team Malizia dispose d’un outil unique. Avec le Malizia Explorer, il ne s’agit pas seulement de naviguer, mais de montrer ce que la science révèle, ce que l’océan endure et ce que les humains peuvent accomplir.

PARTAGER CET ARTICLE