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Naviguer vers l’avenir : efficacité énergétique et pollution sous-marine dans la conception des superyachts

Monaco, le 12 novembre 2025

Mise en contexte : Pourquoi l’URN et l’efficacité énergétique sont essentiels

L’industrie maritime entre dans une ère de transformation où l’efficacité énergétique et le bruit sous-marin rayonné (URN) ne sont plus des préoccupations distinctes, mais des défis profondément interconnectés exigeant des solutions intégrées. Ce fut le thème central de l’atelier de l’Organisation Maritime Internationale (OMI), qui s’est tenu à Londres les 6 et 7 novembre 2025. Cet événement a réuni plus de 300 participants (150 en présentiel et 150 en ligne), dont des délégués nationaux et des leaders de l’industrie, pour explorer la relation entre ces deux facteurs critiques du secteur maritime.

L’atelier de cette année s’appuie sur une série d’initiatives de l’OMI visant à sensibiliser aux impacts environnementaux du bruit sous-marin. En juillet 2023, l’OMI a adopté de nouvelles directives pour atténuer le bruit des navires, entrées en vigueur en octobre 2023. Le premier atelier, en septembre 2023, s’était concentré sur le lien entre l’efficacité énergétique et le bruit sous-marin, posant les jalons de stratégies permettant d’améliorer simultanément ces deux aspects. En octobre 2024, le Comité de la Protection du Milieu Marin (MEPC) a adopté une approche révisée, incluant le tableau de référence pour la planification de la gestion de l’URN (effectif en décembre 2024) ainsi qu’un nouveau plan d’action pour réduire le bruit sous-marin du transport maritime commercial.

L’un des résultats clés de ces initiatives a été l’engagement d’organiser ce second atelier en 2025, avec cette fois un accent plus marqué sur l’alignement des objectifs d’efficacité énergétique et de réduction de l’URN pour tous les types de navires.

URN workshop IMO
URN workshop IMO
2e Atelier de l’OMI sur le bruit sous-marin rayonné (URN)

Participation du SEA Index : au cœur du dialogue sur la durabilité de la grande plaisance

Sous l’égide de « Monaco, Capital of Advanced Yachting », Natalie Quévert et Rachel Ercole, représentantes de la SEA Index Superyacht Eco Association, ont été conviées à l’atelier 2025 de l’OMI par des figures clés de l’Organisation Maritime Internationale et de Bureau Veritas Marine & Offshore. Elles ont pris part à la session dédiée aux posters techniques, un moment fort de l’événement où les solutions technologiques et les cadres environnementaux ont été présentés et débattus.

Face aux attentes sociétales croissantes et à la probabilité de futures réglementations impactant le secteur des superyachts, la demande pour des solutions indépendantes, scientifiques et mesurables n’a jamais été aussi pressante. La mission du SEA Index — promouvoir des stratégies innovantes pour réduire l’impact environnemental des navires via l’efficacité énergétique et la réduction du bruit rayonné sous-marin (URN) — s’aligne étroitement sur les objectifs et les méthodologies de l’OMI, notamment l’EEDI (Energy Efficiency Design Index) et l’EEXI (Energy Efficiency for Existing Ships).

Focus de l’atelier 2025 : les quatre piliers du progrès

L’atelier s’est articulé autour de thématiques clés réparties sur deux jours :

  • Jour 1 : Avancées récentes en matière d’efficacité énergétique (EE) technique et de réduction de l’URN ; gestion intégrée de l’EE et de l’URN, incluant l’analyse des coûts et les structures d’incitation.
  • Jour 2 : Vers une unification des normes de conception pour l’EE et l’URN ; application de la modélisation prédictive pour évaluer les bénéfices mutuels et orienter les futurs objectifs.

Ces sessions visaient à identifier les tendances technologiques, à partager les enseignements de programmes de gestion réels, à élaborer des normes de conception intégrées et à favoriser la collaboration intersectorielle pour des opérations maritimes plus performantes et moins perturbatrices.

Points forts de l’atelier : des directives à l’action

1. Cadres stratégiques et réglementations

La stratégie 2023 de l’OMI sur les gaz à effet de serre donne une direction mondiale, bien que les obligations contraignantes restent limitées. Les cadres réglementaires tels que l’Annexe VI et le Chapitre IV de MARPOL fixent des exigences techniques d’efficacité énergétique, portées par des outils comme l’EEDI, l’EEXI et le CII (Carbon Intensity Indicator). La gestion de l’URN est désormais jugée essentielle, avec des directives révisées portant sur la conception de la coque, la cavitation et les pratiques opérationnelles.

2. Innovations technologiques

Les progrès dans la conception des hélices, la limitation de la puissance à l’arbre et les technologies d’économie d’énergie (EST) sont de plus en plus intégrés aux calculs d’efficacité. Des études de cas illustrent l’efficacité de technologies telles que le système Silverstream ALS, qui permettent d’obtenir la notation « QUIET » et une réduction significative de l’URN lorsqu’elles sont optimisées.

3. Mesure et incitations

Le suivi continu de l’URN et l’utilisation de méthodes de mesure innovantes (directes et indirectes) sont vitaux. Cependant, les coûts élevés et la complexité peuvent freiner les plus petits navires. Les programmes d’incitation environnementale, tels que l’Environmental Shipping Index (ESI), récompensent les navires dépassant les performances de base, mais doivent être conçus avec soin pour garantir leur viabilité financière et leur adoption massive.

4. Planification holistique et retour sur investissement (ROI)

L’atelier a mis en lumière les avantages économiques d’une intégration de la gestion de l’URN aux stratégies d’efficacité énergétique. Les propriétaires sont encouragés à voir l’éco-innovation non pas comme une contrainte de conformité, mais comme une source de valeur, de réputation et d’excellence opérationnelle. La reconnaissance publique de ces efforts amplifie leur impact positif et inspire un changement profond à l’échelle de l’industrie.

International Maritime Organisation building outside view
International Maritime Organisation building outside view
Message récurrent de l’atelier

Le message central de l’atelier de l’OMI était clair : le secteur maritime doit adopter des solutions intégrées et exploitables qui traitent simultanément l’efficacité énergétique et la réduction du bruit rayonné sous-marin. Les points clés soulignés incluent :

  • L’efficacité énergétique et la réduction du bruit sous-marin sont étroitement liées. Traiter ces deux aspects de concert génère des bénéfices mutuels pour les écosystèmes marins et soutient les objectifs de décarbonation de l’industrie maritime.
  • Des outils de mesure de l’URN abordables, fiables et accessibles, notamment ceux utilisables directement par les opérateurs de navires, sont nécessaires pour une gestion efficace et une amélioration continue.
  • La collaboration entre l’industrie, les gouvernements, le milieu universitaire et la société civile est cruciale pour encourager l’innovation, partager les meilleures pratiques et accélérer l’adoption de nouvelles normes et technologies.
  • Les études de cas et les exemples concrets démontrent les avantages tangibles des plans de gestion intégrés et des programmes d’incitation.
  • Une sensibilisation accrue, des conseils techniques et des mesures incitatives sont nécessaires pour encourager l’adoption de mesures de réduction du bruit à l’échelle de l’industrie, passant de directives volontaires à des plans d’action plus robustes.idelines to more robust action plans.
Meilleures pratiques et prochaines étapes
  • Concevoir pour le silence : Intégrer des stratégies d’atténuation de l’URN dès les premières étapes de la conception du navire. En s’appuyant sur l’hydrodynamique avancée et les calculs de structure, les nouveaux navires peuvent être optimisés pour minimiser leur impact sonore.
  • Mesurer ce qui compte : Mettre en œuvre des solutions de mesure rentables et évolutives pour collecter et partager des données précieuses, affiner les modèles mondiaux et soutenir des améliorations fondées sur des preuves scientifiques.
  • Incentiver l’excellence : Aligner les récompenses financières sur une performance environnementale solide pour encourager les parties prenantes à faire de la durabilité un objectif commercial central, transformant ainsi les pratiques responsables en stratégies commerciales intelligentes.
  • Collaborer et communiquer : S’engager activement avec les partenaires de l’industrie pour accélérer l’adoption de nouvelles pratiques et amplifier l’impact global des initiatives de développement durable.
Leadership dans le secteur du superyacht : la perspective du SEA Index

Le SEA Index évolue au-delà du système de notation CO₂ qu’il a lancé en 2020. En travaillant avec Bureau Veritas Marine & Offshore sur le bruit rayonné sous-marin, il agit comme un catalyseur de changement significatif au sein de l’industrie du superyacht. En favorisant la collaboration entre les ports, les marinas, les chantiers navals, les assureurs et les autorités réglementaires, le SEA Index établit un langage commun pour la durabilité et encourage toutes les parties prenantes à œuvrer vers des objectifs environnementaux partagés. Ses outils sont conçus pour être adaptables, garantissant leur pertinence continue à mesure que les nouvelles technologies et les normes de l’industrie se développent.

Invitation à rejoindre l’ère du yachting responsable

L’obtention d’océans plus calmes et plus propres nécessite un effort collectif. En embrassant l’innovation, la transparence et la collaboration, la communauté du superyacht est bien positionnée pour montrer la voie en matière de gestion environnementale. La SEA Index Superyacht Eco Association, portée par le Yacht Club de Monaco, invite toutes les parties prenantes à participer au façonnement d’un avenir responsable et dynamique pour le yachting, garantissant la santé de nos océans pour les générations à venir.

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